Publié par : ethiquecocentre | 01/08/2009

Les raisons pour ne pas redistribuer les recettes de la taxe carbone

Le principe de la taxe carbone et plus généralement des mesures visant à créer un “marché de la pollution” (protocole de Kyoto entre autres) part d’un constat. Comme l’expose E. F. Schumacher (Small is Beautiful), les indices économiques actuels ne prennent pas en compte un facteur simple : l’environnement. Or, l’homme pèse sur l’environnement et utilise les ressources “naturelles” pour sa production. Au lieu de considérer la nature comme un capital (dans une éthique anthropocentrée moderne), on la considère comme un infini n’entrant pas en compte dans la dépense de capital. Pomper du pétrole, cela revient à pomper une matière produite avec lenteur au cours des millénaires. Économiquement, cet acte est pourtant considéré comme une création de richesse, sans contrepartie négative.

La bourse au carbone intègre justement l’appartenance de l’homme à un système écologique productif : oui, la consommation d’énergie fossile est un acte coûteux. Il ne s’agit pas seulement de brûler une substance que l’on pourrait produire indéfiniment : la consommation d’énergie fossile est la consommation d’une production naturelle lente et donc coûteuse.

Le mécanisme de la taxe carbone est basé sur une approche anthropocentrée et utilitariste de la nature. Cependant, il a la franchise de ne pas se voiler dans ses objectifs : il s’agit d’aller jusqu’au bout dans la démarche d’utilisation de la nature. Ainsi, il est possible de faire ressentir à l’homme le poids supportable ou non de ses consommations sur l’écosystème auquel il appartient.

Or, voilà que certaines personnalités politiques préconisent une redistribution de la taxe carbone. Qu’est-ce que cela signifierait-il ?

Idéalement, si le mécanisme sus-cité était respecté, il faudrait rémunérer la nature pour ce qu’elle produit, l’intégrer à l’économie humaine en tant que facteur de production, c’est-à-dire qu’il faudrait, avec les bénéfices de cette taxe, financer des chantiers permettant une sauvegarde des équilibres naturels (dans une approche cette fois nettement plus écocentrée).

Redistribuer la taxe à la population, cela signifie donc ne conserver que la partie “responsabilisante” de la taxe. On prônerait alors une approche uniquement anthropocentrée de la nature, ayant pour objectif la régulation de la consommation humaine en certaines ressources mais pas la surveillance et l’aide au renouvellement de ces ressources.


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